Skip to content

Envoi en France et à l'international

Frais de port gratuits dès 150 € d’achats en ligne en France métropolitaine

Cart
Affutage : une étape indispensable

Affutage : une étape indispensable

Avant de reprendre les projets laissés de côté pendant l’été, il y a un contrôle simple à faire à l’atelier : regarder l’état de ses outils de coupe.

Ciseaux, fers de rabot, gouges, couteaux de sculpture. Un tranchant émoussé ne se contente pas de couper moins bien. Il oblige à pousser davantage, réduit la précision du geste et rend le travail plus fatigant. Il peut aussi devenir paradoxalement plus dangereux, car lorsque l’on force davantage, on contrôle moins facilement le geste si l’outil dérape.

À l’inverse, un outil bien affûté entre plus facilement dans la matière, se contrôle mieux et laisse une surface plus propre.

L’affûtage n’est donc pas une opération que l’on réserve aux outils très abîmés. Il fait partie de l’entretien courant de l’outil et, à l’atelier, quelques gestes réguliers évitent souvent d’avoir à reprendre complètement un tranchant.

Comment savoir si un outil a besoin d’être affûté ?

Il n’est pas nécessaire d’attendre qu’un ciseau soit incapable de couper.

Plusieurs signes apparaissent bien avant.

Le premier se ressent dans le geste. Il faut exercer davantage de pression pour obtenir le même résultat. Sur un rabot, les copeaux deviennent plus difficiles à produire ou moins réguliers. Avec un ciseau, le bois a tendance à s’écraser avant d’être coupé.

On peut également observer le fil sous une lumière rasante. Un tranchant parfaitement fin réfléchit très peu la lumière. Si une ligne brillante apparaît le long du fil, elle révèle généralement une zone arrondie ou abîmée.

Un autre test très simple consiste à essayer l’outil sur du bois de bout. Un ciseau bien préparé doit permettre une coupe propre et contrôlée sans qu’il soit nécessaire de forcer.

Avant d’affûter, regarder l’état réel du tranchant

Tous les outils ne nécessitent pas la même intervention.

Si le fil est simplement émoussé, quelques passages sur une pierre fine peuvent suffire. On travaillera alors par exemple avec des grains de 3000 à 10 000 selon le niveau de finition recherché.

Si le biseau présente de petites marques ou si le fil a légèrement reculé, il faudra reprendre un peu plus de matière avec un grain intermédiaire, typiquement autour de 1000 à 3000.

En revanche, lorsqu’un éclat est visible ou que l’angle du biseau doit être entièrement corrigé, il faut commencer avec un abrasif plus grossier avant de revenir progressivement vers des grains plus fins. Pour les pierres, on peut alors travailler avec des grains de 220 à 800. Pour les abrasifs, des grains de 80 à 120 peuvent être utiles pour reprendre une géométrie très abîmée.

Cette distinction est importante.

Utiliser une pierre très fine pour tenter de réparer un tranchant fortement endommagé peut prendre énormément de temps et réduire considérablement la durée de vie de la pierre. À l’inverse, reprendre systématiquement un outil avec un abrasif très agressif enlève inutilement de la matière et réduit cette fois la durée de vie de l’outil.

L’objectif est donc d’utiliser le grain adapté à l’état réel du tranchant.

La planéité de la pierre compte autant que son grain

Une pierre d’affûtage s’use au fil des utilisations. Les zones les plus sollicitées se creusent progressivement.

Ce phénomène est normal, mais une pierre trop creusée rend difficile l’obtention d’un biseau régulier et d’une surface correctement plane.

Avant une séance d’affûtage, il est donc important de contrôler la surface de la pierre. Un support de dressage, une plaque diamantée ou un abrasif adapté permettent de retrouver une surface plane.

C’est particulièrement important pour les fers de rabot et les ciseaux, pour lesquels la qualité des surfaces qui se rencontrent au niveau du fil participe directement à la qualité du tranchant.

Travailler le biseau sans oublier la planche

Quand on parle d’affûtage, on pense immédiatement au biseau. C’est généralement lui que l’on va observer et reprendre en premier.

Il faut vérifier son état, son angle et sa régularité. Si sa géométrie est encore correcte et que le fil est simplement émoussé, quelques passages sur une pierre adaptée peuvent suffire. Si le biseau est marqué, irrégulier ou si l’angle doit être corrigé, il faudra retirer davantage de matière avant de revenir progressivement vers des grains plus fins.

Le tranchant d’un ciseau ou d’un fer de rabot est toutefois formé par la rencontre de deux surfaces : le biseau et la face opposée, appelée planche.

Lors de la préparation initiale d’un outil, cette face doit donc être contrôlée et suffisamment plane dans la zone proche du fil. Selon les méthodes d’affûtage, certains commencent par préparer la planche, d’autres travaillent d’abord le biseau.

Pour l’entretien courant, l’essentiel est surtout de ne pas négliger cette face. Il n’est généralement pas nécessaire de reprendre ou de polir toute la longueur de la planche à chaque affûtage. Trouver et conserver le bon angle

L’angle d’affûtage dépend du type d’outil, de son acier et de l’usage auquel il est destiné.

Pour beaucoup de ciseaux et de fers de rabot occidentaux, on retrouve fréquemment un biseau principal autour de 25 degrés.

Il peut être complété par un biseau secondaire, aussi appelé micro biseau, réalisé avec un angle légèrement supérieur au niveau du fil.

Ce micro biseau permet notamment de reprendre rapidement le tranchant sans avoir à retravailler toute la surface du biseau principal.

Ces valeurs restent néanmoins des repères. Un outil destiné à travailler un bois tendre peut accepter un angle plus aigu. Un outil fortement sollicité ou utilisé dans un bois très dur pourra bénéficier d’un angle plus robuste.

Le point essentiel est surtout de conserver une géométrie régulière pendant l’affûtage.

À main levée, cela demande un peu de pratique, mais devient rapide une fois le geste acquis.

Un guide d’affûtage peut être très utile, aussi bien pour débuter que pour gagner en régularité. Le guide permet un affûtage rapide et aide à conserver une géométrie régulière au fil des affûtages.

Il facilite surtout le maintien du même angle d’une séance à l’autre, ce qui évite de reprendre inutilement une grande quantité de matière.

Passer progressivement d’un grain à l’autre

Un affûtage efficace consiste à faire le travail nécessaire avec chaque pierre, puis à passer à la suivante.

Le premier grain utilisé doit créer ou restaurer correctement le fil. Tant que cette étape n’est pas terminée, passer à une pierre plus fine ne fera que polir une géométrie imparfaite.

Quand le travail est correctement réalisé, un léger morfil apparaît généralement sur la face opposée du tranchant. Il indique que l’abrasion a bien atteint le fil sur toute sa largeur.

On peut alors passer à un grain plus fin pour réduire les rayures laissées par la pierre précédente et améliorer progressivement la qualité de la coupe.

Selon les outils et les habitudes, une progression autour de 1000 puis 3000 ou 6000 constitue déjà une base très polyvalente pour l’entretien courant. Les grains très fins servent ensuite à obtenir une finition encore plus poussée lorsque cela est utile.

Le démorfilage termine réellement l’affûtage

À la fin du travail sur les pierres, une bavure extrêmement fine reste généralement présente sur le tranchant. Cette bavure, appelée morfil, doit être éliminée.

Le démorfilage peut être réalisé directement avec une pierre fine ou avec d’autres systèmes adaptés à l’outil et aux habitudes de l’utilisateur.

Le cuir associé à une pâte abrasive constitue également une méthode utilisée dans de nombreux ateliers, notamment pour le polissage et l’entretien régulier de certains tranchants. Ce n’est toutefois pas la seule méthode.

L’essentiel est d’obtenir un fil propre sans arrondir le tranchant que l’on vient de créer.

Il est beaucoup plus rapide de maintenir régulièrement un outil en bon état que d’attendre qu’il soit complètement émoussé pour intervenir.

Et les gouges dans tout ça?

Les gouges demandent une attention particulière parce que leur tranchant est courbe et que leur géométrie doit être respectée pendant l’affûtage.

Il faut éviter de créer des facettes ou de modifier progressivement le profil de l’outil.

À la main, des pierres profilées et des abrasifs adaptés permettent d’entretenir ces formes sans déformer la géométrie.

Pour ceux qui souhaitent davantage de régularité et de reproductibilité, un système d’affûtage à eau comme Tormek constitue une autre solution particulièrement intéressante.

Les différents guides permettent de régler la position de l’outil puis de retrouver ce réglage lors des affûtages suivants. C’est particulièrement utile pour les gouges, dont la géométrie peut être plus difficile à reproduire à main levée.

Une fois l’angle et le profil définis, les affûtages suivants deviennent plus rapides puisqu’il s’agit essentiellement de restaurer le tranchant sans recréer toute sa géométrie.

Le travail à l’eau limite également le risque de surchauffe du tranchant pendant l’affûtage, ce qui est particulièrement intéressant pour préserver les qualités de l’acier.

Mieux vaut entretenir souvent qu’affûter longtemps

L’une des habitudes les plus utiles à prendre consiste à ne pas attendre.

Un ciseau légèrement émoussé peut retrouver son efficacité en quelques minutes. Le même outil utilisé trop longtemps demandera ensuite de reprendre beaucoup plus largement son biseau.

La rentrée peut donc être l’occasion de remettre en place une routine simple:

-Contrôler les pierres,

- Les dresser si nécessaire,

- Vérifier les principaux ciseaux,

- Reprendre les fers de rabot,

- Contrôler les gouges utilisées régulièrement.

Passer les outils légèrement émoussés sur une pierre fine ou effectuer le démorfilage selon la méthode préférée.

Quelques minutes consacrées régulièrement à ces opérations permettent de garder des outils prêts à travailler.

Un bon affûtage change réellement le travail

La qualité d’un outil ne dépend pas uniquement de l’acier ou de sa fabrication.

Même le meilleur ciseau devient désagréable à utiliser si son tranchant est négligé. À l’inverse, un outil correctement préparé révèle immédiatement ses qualités:

- Il demande moins d’effort,

- Il permet de travailler plus précisément,

- Il donne davantage de contrôle,

- Il rend aussi le travail plus sûr, car il évite de compenser un mauvais tranchant par un excès de force,

- Et surtout, il permet de se concentrer sur le bois plutôt que de lutter contre l’outil.

Avant de commencer le prochain projet, prenez donc quelques minutes pour regarder vos tranchants. C’est probablement l’un des entretiens les plus simples et les plus utiles que l’on puisse faire.

Retrouvez notre sélection de pierres, guides, cuirs, pâtes abrasives, systèmes Tormek et accessoires d’affûtage pour préparer vos outils avant la reprise et kit d'affutage.

Previous Post Next Post